Quartier des usines

L'ABBAYE D'AULNE

Le quartier des usines

La méditation terminée, le travail commence. Avec l’aide des frères convers, ils installent diverses granges(fermes) autour de l’abbaye. Ils défrichent le sol et, manquant de bras, améliorent considérablement les techniques agricoles. Ils se consacrent également à l’élevage. L’abbaye est d’ailleurs bien équipée. Le long de la Sambre, s’étendait la partie industrielle du monastère. Moulin à farine très performant car au XVIIIe siècle Dom Martème écrivait que le grain tombait directement du grenier vers la boulangerie où un four immense pouvait cuire en une fois 500 pains de 5 livres. Il y avait également un moulin aux écorces, une scierie aux marbres appelée »scierie à eau » et un moulin à drèche(déchets de brasserie qui servaient de nourriture au bétail. Tous ces moulins étaient alimentés par de grandes roues en chêne. Mais, l’ancien cours de la Sambre «était trop irrégulier pour les actionner toute l’année. Les moines avaient creusé un canal partant du Trou d’Aulne et avait ainsi régularisé le débit et augmenté la hauteur de la chute d’eau. Ce canal surnommé « le bief du moulin » est actuellement toujours visible mais asséché. Les moines avaient également installé sur la Sambre, un système de vannes pour créer des réservoirs que l’on pouvait remplir ou vider pour prendre à pleins paniers les poissons qui servaient de nourriture

S’il y avait un moulin à drèche, il y avait forcement une brasserie. Aulne brassait deux sortes de bières, une « bonne » destinée aux Pères et aux hôtes et une autre appelée « petite bière » pour les convers , les domestiques et les pauvres venus chercher de la nourriture à la porterie. Mais la bière n’était pas la boisson préférée des moines. Les moines possédaient des vignes à Huy (et des maisons), Laon, Soissons. Mais, le climat peut favorable, « obligeait » les moines à commander du vin en Champagne et n’oublions pas que les cisterciens possédaient également Clos Vougeot, Chablis…. Le moulin à écorces fournissait les écorces consommées par la tannerie qui travaillait le cuir.

Y avait-t-il une boucherie ? Le linteau surmontant la porte avec une tête de bœuf nous le laisse supposer, mais rien n’est certain.

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