Le réfectoire du maigre

L'ABBAYE D'AULNE

Le réfectoire du maigre

A tour de rôle, des moines sont désignés pour la cuisine, mais très vite, cette tâche est conviée aux moines convers, les pères, eux, surveillaient le garde-manger, le cellier. C’était l’Abbé qui composait le menu. En général deux plats cuits étaient servis aux primes et au nones. Pour la journée, le moine avait droit à environ 1kg ou 2kg de pain, 100g de fromage sec, 200g de légumes secs, au autre plat de légumes, des fruits et 1,5l de vin ou de bière. Mais les rigueurs du climat, la nature du travail amenaient à augmenter les rations. Il existait trois réfectoires : le réfectoire régulier ou réfectoire du maigre qui s’appuie sur de belles caves, le petit réfectoire et le réfectoire du « colloque » où l’on pouvait parler mais celui-ci n’est vraiment pas certain. Dans les réfectoires, le moine mangeait dans le silence total, interrompu seulement par le récit de textes liturgiques.

 

JOURS GRAS-JOUR MAIGRES

 

Au Moyen-Age, ce sont près de 150 jours par an qui sont des jours maigres, c’est-à-dire des jours de jeûne et d’abstinence. Cette pratique du jeûne est l’objet des 5ème et 6ème commandements de l’Eglise : -Quatre temps, Vigiles jeûneras et le Carême entièrement. -Vendredi, chair ne mangeras, ni jours défendus mêmement. Les quatre temps sont les 3 jours de pénitence : mercredi, vendredi, samedi, au début de chaque saison. Les Vigiles sont les veilles de chaque grande fêtes. Le carême est 40 jours avant Pâques. Mais, on jeûne aussi les vendredis durant l’Avent (4 semaines avant Noël). Pour pallier à la carence due au manque de viande, de nombreux aliments vont être utilisés : les légumes en abondance, le poisson, servi à diverses sauces, des fruits secs riches en calories, lait, œufs. On trouve dans les ouvrages de cuisine (notamment de Mesnagier de Paris) des menus de jours maigres aussi riches et copieux que certains menus destinés aux jours gras. En temps de carême, un seul repas était servi au none, environ 3h de l’après-midi. Leur fringale était telle qu’ils ont réussi à faire avancer none aux environs de midi, comme le montre bien l’anglais « noon et afternoon ». Les malades et les moines âgés ne faisaient pas pénitence. D’où, certaines ruses étaient employées par les bien portant pour échapper au carême, mais cela ne leurrait pas l’abbé. Puis, avec la nuit et l’office des vêpres, toutes les activités manuelles s’arrêtent. Les jours gras, le deuxième repas est servi, très souvent du poisson, légumes et vin. Après les complies, les moines regagnent les dortoirs au-dessus de la sacristie et de la salle capitulaire qui furent transformées en cellules individuelles au XVIIIesiècle. En général, les moines dormaient tout habillé pour se rendre plus rapidement, par un escalier de 40 marches conduisant directement à l’église, à l’office.

 

L’HABIT DU CISTERCIEN.

 

Le costume est pour lui le symbole de son entrée en religion. C’est le signe extérieur de son état. Le cistercien a adopté le blanc pour ses vêtements( froc et parfois scapulaire) Par ce choix, ils se différencient des moines clunisiens, les moines noirs qui sont tombés dans la décadence et les abus en oubliant les règles de saint Benoît. La couleur noire est laissée pour la coule. On n’a pas beaucoup de renseignements sur la manière des vêtements (velu en hiver, léger en été) mais de toute façon, elles doivent être rudes, hirsutes et grossières. Mais, comme dans toutes règles, il y eut beaucoup de transgressions. Le costume n’est pas resté figé et a beaucoup évolué avec le temps.

 

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