logo

La façade classique

Au XVIIIème siècle, Don Louant hérite d’une abbaye prospère pendant une période de calme. Les anciens bâtiments menaçaient de tomber et jusqu’à cette époque, on avait mélangé les différents styles gothiques suivant l’humeur, l’époque des restaurateurs. Mais, Dom Louant décide l’unité architecturale et fit élever la façade de style classique. Celui-ci s’éteignit le 14 août 1756 après une longue maladie. En fouillant les gravats, fin du XIXème siècle, on retrouva la dalle de pierre tumulaire sous la croisée du transept. En franchissant cette façade, on peut voir deux salles . La salle de droite était aménagée en chapelle où l’abbé recevait les religieux(ses) dont il avait la direction, lorsque sa santé ne lui permettait pas de sortir de l’abbaye. C’est là également qu’après la révolution les derniers moines célébraient les offices.

Facade classique XVIIIème

La seconde baie ouvre sur l’église proprement dite. De cette façade occidentale, la partie inférieure date de 1214. Des arcs-boutants qui la soutenaient, un seul subsiste. (Celui-ci a été reconstruit par l’architecte Cloquet vers 1900)

entree de l'église abbatiale

entree de l'église abbatiale

C’est l’écroulement du sommet de cette façade en 1896 qui déclencha une campagne de presse et l’intervention de l’état.

La nef

Jusque la sixième colonne, cette partie de la nef était réservée aux moines convers. Plus de 300 au XIIIe siècle, plus tard les étrangers remplacèrent les convers mais une clôture complétée d’un jubé massif les séparaient des moines enfermés dans le chœur.
Les frères convers diffèrent des moines profès en ce que leurs vœux étaient simples et non solennels. C’était des serviteurs que les cisterciens pouvaient s’attacher avec la permission de l’évêque. Les religieux étaient des nobles, les convers étaient des laboureurs, des gens de métiers. On comprend que dans ces temps misérables, les couvents ne manquaient pas de frères convers qui trouvaient ainsi la sécurité, une existence assurée. Ils pouvaient entrer dans le cloître mais pas dans la salle du chapitre pour participer à la prise de décisions de la gestion de l’abbaye. Ces frères n’avaient pas droit au chapitre.

Le choeur

Orné de toiles de six mètres de haut représentant la vie de saint Bernard et de Simon d’Aulne, le chœur était très beau. Les voûtes culminaient à une hauteur de 23 mètres.

Le transept

Formant les bras de la croix latine, le transept était très vaste. Dans le bas inférieur droit se trouvait la chapelle des scolastiques (jeunes moines aux études) et en face se trouve l’absidiole dédiée à Saint Bernard. Du côté inférieur gauche partait un escalier de 40 marches conduisant au dortoir par une porte encore visible aujourd’hui. Pour l’office de nuit, les moines descendaient directement du dortoir à l’église. L’immense transept était éclairé au sud par une fenêtre montrant une magnifique résille.

resille

Au XIVe siècle, Jean de Barbançon fit construire un nouveau chœur. Au XVIe siècle Gérard de Bosman rebâtit le transept avec la magnifique résille de style gothique flamboyant du transept sud restauré par Louis Cloquet .

L'abside

abside

Peu profonde, mais aussi haute que la nef, paraît plus élancée avec ses sept fenêtres étroites et de grande hauteur. Cette abbatiale du XIIIe siècle était une construction froide, mais les remaniements flamboyants du XVIe siècle par ses vastes proportions (90mL-47m l) et un campanile culminant à 70m faisait l’admiration de tous les visiteurs.